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En discutant avec plusieurs de mes clients je m’aperçois qu’une question revient toujours à un moment où à un autre dans une carrière sportive : celle de la régularité dans l’engagement, de la pérennité de la motivation. Conserver régularité et motivation même dans l’adversité est un véritable défi.  A ce niveau, l’ennemi du sportif est la variation de son mental en fonction des événements…

La motivation : un mental non travaillé est le plus souvent fragile.

Vous avez remarqué comme un échec, une échéance non maîtrisée, un changement dans un autre domaine de vie, et bien d’autres événements encore peuvent interférer – de façon non rationnelle – avec la performance et la motivation ?

Les carrières les plus brillantes ne dépendent pas seulement des qualités physiques et de l’entrainement… mais aussi, et surtout du mental qui demeure le socle sur lequel se construisent les qualités physiques, la confiance, l’enthousiasme…

La solution pour conserver un engagement et une motivation intacte dans la durée repose sur un concept simple : savoir quand et comment déconnecter et reconnecter le mental.

Voici le schéma négatif le plus classique qui conduit à une perte de motivation :

Elément de doute ->  Pensée / mental négatif -> perte de motivation

1 : l’élément de doute peut être tout événement réel ou imaginaire, venant interférer avec la zone de confort du sujet : un échec, un problème personnel, une échéance qui semble inatteignable, le manque de sensations rassurantes lors de l’entrainement, un élément nouveau dans la pratique…

2 : L’élément de doute, entraine naturellement ce que l’on nomme une « dissociation ». Pour faire simple, face à une émotion / sensation qui semble désagréable, notre cerveau cherche à couper le ressenti. C’est une réaction instinctive, primitive. La façon la plus simple pour y arriver consiste à se saturer de pensées : c’est ce qui fait qu’une personne qui doute, se pose des questions, ressasse, analyse en permanence…  En soit,  cette réaction n’est pas mauvaise sur l’instant, mais destructrice à long terme.

3 : Si la pensée semble soulager sur le coup, puisqu’elle coupe du ressenti,  à moyen terme elle est anxiogène et génère encore plus de pensées. Il  se crée alors un cercle vicieux.

Dans le pire des cas, l’excès de pensées peut entraîner l’insomnie ou des phases paranoïaques. Quoi qu’il en soit, une personne qui est dans ses pensées se détache du corps, de son ressenti et peine à retrouver ses marques. A ce stade, les solutions existent mais sont délicates à manier : le plus souvent c’est un événement fort émotionnellement qui brise le cercle vicieux de la pensée.

La motivation : se conditionner pour utiliser un autre schéma plus positif

L’idéal est donc de conditionner un sportif pour qu’il utilise un autre schéma, plus positif, plus sain, qui va reposer sur la capacité à couper ses pensées, le temps de se reconnecter à son corps. Voici un exemple de schéma positif classique qu’un sportif doit parvenir à s’installer :

Elément de doute ->   Silence mental ->   Action ->   Sensations positives / plaisir

1 : ici l’élément de doute n’a pas de prise puisque la pensée se stoppe, le doute n’est donc pas nourri. C’est un moment légèrement déstabilisant pour le sportif puisque cela l’oblige à affronter son ressenti au lieu de le fuir, c’est « anti naturel » mais c’est cette confrontation qui sera aussi la clef de son mental.

2 : La ou la pensée gêne l’action, le silence intérieur la rend nécessaire. Le passage à l’action se fait alors sans pression, décontracté : le sportif est connecté à lui-même, au présent. Il n‘analyse pas : il agit et se donne les moyens de dépasser sa difficulté passagère.

3 : L’action sans pensée conduit naturellement au plaisir, à la satisfaction, avant même que l’obstacle ne  soit dépassé. C’est même l’obstacle qui est ici générateur de défi et de plaisir.

4 : Le mental sort renforcé de la confrontation qui a eu avec l’élément de doute, celui-ci est dépassé et le sportif gagne même en confiance et se prépare à gérer des futurs évènements déstabilisant avec sérénité.

Pour se créer un tel schéma et déprogrammer une réaction naturelle, il est évidemment préférable de travailler le mental en amont. C’est souvent après une période de doute qu’une personne en ressent le besoin, et c’est à ce moment-là qu’un travail préventif peut être accompli.

Il se fait souvent en 2 étapes :

–          Apprendre à couper ses pensées sur commande. Il existe de nombreuses techniques pour y parvenir, j’ai tendance à conseiller ici l’autohypnose qui est sans doute la plus simple et la plus flexible.

Se conditionner à couper ses pensées devant un obstacle. Le mot conditionnement est ici volontairement choisi : même une personne qui sait comment couper ses pensées peut ne pas avoir « l’énergie », l’élan pour y parvenir dans une phase négative. C’est le conditionnement qui lui donnera la première étincelle et l’aidera à passer naturellement à l’action, et à enclencher un cercle vertueux. Un tel conditionnement peut être simple  et se faire dans une phase classique d’entrainement : se donner un objectif qui pose un défi modeste, et couper immédiatement ses pensées pour passer à l’action. L’ampleur des défis posés peut ensuite  croitre progressivement. Non seulement cette pratique est agréable et stimulante, mais elle habitue le cerveau à un tel mécanisme : la réaction sera alors automatique quand, à la place du défi auto-administré une difficulté imprévue se présentera.

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