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Tout cela est si simple : il suffit de suivre les conseils d’un entraîneur pour être excellent dans un sport n’est-ce pas ? Améliorer un geste, un positionnement…  Sur le papier, ce n’est pas très compliqué, ce n’est qu’un changement d’habitude, de comportement…

En réalité, il en va autrement. Dans toute pratique sportive, un geste a été répété des milliers de fois…  et une habitude prise a été intégrée dans le corps, à un niveau inconscient. Et nous savons tous combien il est ardu de transformer ce que notre inconscient a déjà intégré et automatisé !

Bien sûr, la pensée peut, sur l’instant, corriger un geste, une séquence. Elle y parvient en la décomposant, en y mettant toute la concentration possible. Mais en procédant ainsi, le changement est laborieux… trop de concentration focalisée  en un endroit entraîne une baisse de performance ailleurs ! Et, surtout, si la pression d’une compétition vient s’ajouter à cela, la phase de changement est source de fragilité et de perte de performance.

Nous avons deux moyens d’apprendre :

  • Le premier est celui qui est décrit plus haut : la répétition. Faire et refaire, inlassablement, jusqu’à créer une réaction programmée, un apprentissage profond. Cela peut prendre du temps, n’est pas très agréable, et demande beaucoup d’énergie, de concentration. Mais c’est souvent la seule solution envisagée dans l’entrainement.
  • La seconde façon d’apprendre passe par l’émotionnel. Plus une émotion est forte, plus notre mémoire enregistre. Si un événement nous marque, nous l’enregistrons à vie. Nos conditionnements les plus profonds résultent de l’apprentissage émotionnel, mais nous l’analysons rarement ainsi : pensez à « tout ce que vous n’oublierez jamais » : il y a une émotion forte qui est connecté à ces apprentissages, n’est-ce pas ?

On peut en déduire un élément essentiel pour l’entrainement :

Plus une émotion est forte, moins nous avons besoin de répétions pour apprendre.

Pour mieux comprendre ce qui se passe en nous, observons le fonctionnement de notre cerveau :

La pensée et la concentration stimulent notre cortex, la partie la plus « récente » de notre cerveau. C’est le siège de la pensée rationnelle. Mais, le cortex a un handicap : il agit faiblement sur les couches plus profondes de notre cerveau, et notamment sur « le cerveau émotionnel » (le cerveau limbique). Nous pouvons le constater au quotidien : une émotion balaie la raison… tandis qu’une pensée peine à contenir une émotion : avez-vous déjà essayé de raisonner une personne phobique ? C’est une stratégie vouée à l’échec !

Or, c’est quand une émotion se présente que notre cerveau juge que ce qui se passe est important, il se met alors en réceptivité et absorbe mieux l’information. Se concentrer le stimule donc bien moins fortement que vivre une émotion intense !

Une fois cela posé, le but pour une personne qui veut intégrer rapidement un apprentissage et en faire un réflexe, est de « piéger » son cerveau.  Il lui faut lier le nouveau geste, la nouvelle posture, la nouvelle séquence ou tout autre changement à une émotion puissante – et si possible, par confort, agréable.

Une méthode simple pour y parvenir est :

  • 1 : Trouver chez soi une pensée (image, souvenir, personne…) qui génère le plus d’émotion possible. Cela peut n’avoir aucun rapport avec la situation d’apprentissage : j’ai récemment travaillé avec un sportif qui avait les larmes aux yeux en repensant à la naissance de son fils, il a utilisé cette émotion pour travailler son apprentissage, cela a été particulièrement performant.
  • 2 : Effectuer consciemment le geste / la séquence et penser immédiatement après à ce qui déclenche l’émotion. Plus les deux éléments sont proches dans le temps, plus la méthode est efficace.
  • 3 : Inverser l’étape 2 : penser à l’émotion et effectuer le geste / la séquence ensuite.

On obtient alors en peu de répétitions un apprentissage profond et naturel.