fbpx

La France est championne d’Europe de basket !!!

Chaque évènement sportif, qu’il s’agisse d’un tournoi de pétanque, d’une compétition d’apnée ou d’une finale de championnat d’Europe de basket partagent de nombreux points communs, des caractéristiques fondamentales. Les enjeux peuvent être différents, les pressions plus ou moins fortes et le niveau dans lequel évoluent le ou les athlètes aux antipodes, les bases sont les mêmes. L’exemple de ce championnat d’Europe de basket illustre à la perfection tous les paramètres qui interviennent dans une compétition, quel que soit le sport.

Revenons ensemble sur les circonstances d’une finale hors-normes, le match de basket du 22 septembre 2013, France-Lituanie ( 80-66 ), point final d’un travail de tous les instants.

Quels sont les leviers sur lesquels il est possible de travailler pour préparer ces rencontres ?

Comment imaginer être dans la peau d’un Tony Parker, d’un Florent Pietrus ou encore d’un Nicolas Batum dans un moment comme celui-là ? Difficile de répondre et certainement même pour eux. Tentons toutefois de percevoir avec quelles balles ils ont du dribler pendant ces derniers jours de compétition afin de percevoir tous les niveaux où un travail de préparation mentale est possible.

Le contexte

En demi-finale contre l’équipe d’Espagne, la « Roja », la tension est palpable. Les raisons ? Les bleues et la roja ont un passé mouvementé ! Prenons le temps de revenir sur ce passé commun afin de bien comprendre tout ce qui s’est joué dans cette fin de championnat.

En 1999, un an avant l’entrée de Tony Parker chez les bleues, la France s’incline en finale de l’euro (70-63). C’était alors depuis 1943, la 53e confrontation entre les deux sélections.

En 2001, on découvre un Tony Parker, lors du match France-Espagne, mais d’autres stars sont déjà présentes dans l’équipe adverse (Paul Gasol et Juan Carlos Navarro).  On perd au coude à coude 98-91.

En 2005, pour la troisième place de l’Euro, sachant que la France n’a pas gagné depuis 1956, elle écrase la roja (98-68). Parker, Pietrus et Gelabale sont au top.

En 2009, la France pensait affronter les Espagnols en finale, mais elle l’affronte prématurément et se fait écraser (86-66).

« J’ai encore en travers le quart de 2009. On avait eu 8 victoires et une défaite à l’euro et on n’avait pas eu de médailles après avoir joué pendant deux mois et demi » Tony Parker

En 2010, une nouvelle rencontre sans Tony Parker, ni Pau Gasol. La France sort victorieuse (72-66) d’une équipe d’Espagne tenante du titre.

En 2011, les Espagnols sont une nouvelle fois plus fort (98-85) et remportent la finale de l’Euro à Kaunas.

En 2012, c’est cette fois en quart de finale des Jeux olympiques où la France pourtant très combattive et prête mentalement, n’arrive pas à s’imposer (66-59). Ils font alors le plein de frustration.

En 2013, après deux matchs amicaux au coude à coude dont une défaite amère sur un point décisif (85-84), les Français signe la huitième défaite consécutive face aux Espagnols.

« On les battra un jour ces gars-là, on les battra ! on les battra à l’euro. » Nicolas Batum

20 septembre 2013, la France remporte la demi-finale. La roja, mène jusqu’à la mi-temps, mais les bleues se reprennent et remonte les 14 points d’écarts.

« on a vraiment franchi un cap au niveau mental » Vincent Collet (Entraîneur de l’équipe de France)

« il fallait arrêter d’avoir peur » Florent Pietrus

Les faits !

Une fin de compétition exemplaire, la gestion des peurs, de la confiance, des émotions, mais aussi de leurs propres croyances. Tout le cocktail d’émotions fortes, véhiculées par les pressions (voir article : Pression mentale : un frein ou une force ?) agissant sur cette équipe et individuellement sur chaque joueur étaient présentes. Les limites mentales apportées par une histoire entre la France et l’Espagne (Voir article : Les limites : comment les dépasser ?) s’ajoutent à la fête ainsi que des victoires qui transcendent plus que les autres.

Vaincre la Roja donne des ailes, mais attention à ne pas trop s’approcher du soleil et savoir à quelle altitude voler pour affronter la Lituanie en finale. Chose faite ce 22 septembre.

Les facteurs essentiels de la rencontre !

Qu’est-ce qui fait qu’on est devant un jour et derrière un autre ? Le hasard ? Certainement pas. Au prix d’entrainements intensifs, de sueurs, de répétitions,  d’expérience, etc., bien sûr…. et pourtant aujourd’hui encore, même dans les sports de haut niveau, trop de paramètres sont laissés au hasard. On cadre ce que l’on peut, pour le reste, on espère que tout se passe bien. Il serait vain de croire en effet qu’on puisse maîtriser tous les paramètres d’un championnat, simplement parce qu’il y a une autre équipe en face de soi, avec d’autres stratégies, une expérience différente, etc.

Cependant, il existe des leviers d’évolution, de transformation sous exploités dans tous les sports. Des paramètres subtils permettant des changements rapides et une maitrise des émotions plus précise.

Mis en lumière plus haut dans le contexte et les faits de cette fin de compétition, le panel d’émotions, de pressions attenantes à cette demi-finale contre l’Espagne. Les joueurs évoquent la peur de manière claire, de l’énervement, de la rage, mais aussi de l’abnégation, du discernement, de l’euphorie et bien d’autres. Un cocktail qui peut exploser à tout moment. Comment être certains que la charge soit stable et que le cocktail soit bien dosé ? Travailler sur les peurs, sur les limites, leurs croyances, accompagner dans les défaites comme dans les victoires pour rester concentré, affûté à tous les points de vue, telles sont les points tant de foi sous-estimés par les encadrants.

En tout cas, ils l’ont fait, et ça, personne ne peut leur enlever !

Gérer l’évènement, la pression médiatique, les relations entre les joueurs, mais aussi celles avec l’entraineur, les victoires, être capable de briser des schémas sont autant de paramètres intrinsèques à cette compétition.

Arriver en finale avec la maturité dont ils ont fait preuve est le signe d’une expérience acquise au fil des matchs. Savoir rebondir derrière n’importe quel apprentissage est en effet le maître mot de quelconque pratique sportive.

Conclusion

Cette magnifique fin de championnat est très représentative de tout ce qui se joue mentalement dans le sport. Quand on parle de préparation mentale, on imagine qu’il s’agit simplement d’un travail en amont (Voir article : La périodisation de l’entraînement mental) pour se préparer à un évènement important. C’est heureusement bien plus que ça ! Il s’agit d’être présent à chaque moment où le sportif se perd dans des doutes qui vont lui faire perdre son objectif du regard qu’il soit à court, moyen ou long terme.

Pour terminer, je voudrais simplement remercier cette équipe de France pour tout ce qu’elle a pu transmettre au cours ce championnat, MERCI.