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Au quotidien comme dans le sport, les limites semblent être partout. Qu’elles soient fixées par la société, par la science, par notre anatomie ou encore par les grandes lois physiques qui régissent notre univers, tout est bon pour les rendre « vraies », « vérifiables » et « figées ». Comment alors les dépasser ? Les modifier ? S’en servir de base pour aller plus loin ?

Aujourd’hui, bon nombre de coach mentaux ont recours aux techniques de visualisation pour parfaire l’entraînement du sportif. La plupart du temps, celui-ci a les yeux fermés, et guidé par son coach, visualise différents types d’exercices, allant d’un simple mouvement technique exécuté à la perfection et répété plusieurs fois, à l’installation d’un contexte favorable à la compétition.

Grâce à l’hypnose moderne, il est désormais possible de travailler en profondeur dans le mental du sportif. Outre le fait de pouvoir travailler sur les pressions mentales inhérentes à la vie d’un athlète de haut niveau (Voir Article Pression mentale), l’hypnose permet aujourd’hui de modifier les limites établies, d’améliorer et d’exploiter tous types d’évènements caractéristiques du sportif, que ce soit un entraînement répétitif physique, un jour J de compétition mais aussi sur les phases de récupération.

En effet, on sait aujourd’hui que les phases de récupération sont aussi des phases dites « d’intégration ». Que ce soit de manière naturelle durant notre sommeil, au travers des rêves où nous rejouons les différentes scènes de notre journée, mais aussi lors du travail de préparation mentale effectué en aval d’un entraînement, pendant et lors d’une compétition.

A n’importe quel moment de l’accompagnement d’un sportif, qu’il s’agisse de cycle de type Microcycle (2-3j à 7-10j), Mésocycle (3-4-5 sem), Macrocycle (3-4 à 6 mois), Plan annuel ou plus largement sur un Plan de carrière, le travail des limites tient une place importante dans la préparation mentale. Chaque limite, qu’elle soit liée à l’entrainement, à la compétition, ou plus spécifiquement au moral, en ses capacités et ses résistances, sont amenées à être de plus en plus flexibles donnant lieu à une plus grande liberté.

Pour le corps comme pour le cerveau, le principe est sensiblement  le même, on crée d’autres chemins d’accès, d’autres connexions neuronales. Si je place mon cerveau face à une limite, il va tout faire pour mettre en place une nouvelle stratégie, permettant d’intégrer cette limite comme une norme et ainsi de la repousser progressivement. Au-delà de nos propres croyances, nous sommes naturellement capables de modifier mentalement nos propres structures de pensées.

Que les limites soient liées à des croyances sur soi et ses possibilités, des croyances nourries par les autres sur ses propres capacités ou des croyances scientifiques (plus communément appelées « des faits » ou « des vérités » : rappelons qu’à une époque, les scientifiques savaient que la terre était plate), on parle alors de croyances limitantes, parce qu’elles brident le sportif dans ses réalisations.

Vous me direz, « c’est bien beau de connaître ses limites, mais comment les dépasser ? »

En commençant par accepter que celles-ci puissent être repoussées, voire détruites dans certains cas. Ouvrir une porte est souvent la première chose à faire. En pratique, dans le cadre de préparation individuelle, on explore l’autre côté de la limite afin d’en comprendre et d’intégrer les mécanismes plus élaborés qui composent ses nouvelles possibilités. Au départ, le sportif a l’impression d’évoluer dans des pensées utopiques, qu’il commence à faire siennes au fur à mesure de la compréhension qu’il s’en fait et surtout des ressentis qu’il en a. Le mental apprend et intègre en profondeur le nouvel environnement dans lequel il joue à présent et modifie les comportements en fonction.

C’est le travail que nous avions proposé à un apnéiste de haut niveau. Envisager ses capacités sous un autre angle et percevoir toutes les modifications qu’elles apportaient lui ont permis d’augmenter sa zone de confort, de développer un mental plus souple et ainsi de réaliser des performances adoptant comme moyenne ses anciens records personnels.

Repensons à l’histoire de Roger Bannister qui en 1954, établi un nouveau record en athlétisme en parcourant 1 miles en 3 minutes 59, passant ainsi sous la barre des 4 minutes qui était selon les croyances scientifiques de l’époque, tout simplement impossible tant le corps subirait de pression. Les limites semblaient donc sociales, scientifiques et physiques. Les années suivantes, plus de 300 athlètes franchissaient à leur tour cette barre mythique des 4 minutes.

Et vous, où sont vos limites ?