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Suite de la série d’articles sur l’intervention de Mental Sport dans la préparation des futurs moniteurs d’escalade. Lorsqu’il y a un enjeu, le mental devient primordial. Surtout dans un sport à risque comme celui-là. Parmi les états mentaux nécessaires, la concentration revient régulièrement. Comment avoir accès à cet état? Est-il possible d’en avoir le contrôle?

Voici la deuxième partie de l’article sur la préparation mentale effectuée avec les stagiaires de l’AFRAT en section Escalade. Se préparant au test d’entrée en formation, nous avons vu qu’ils ont plusieurs contraintes par rapport à ce test (voir article 1) et que le mental est un point qui n’est pas forcément mis en avant d’habitude dans ce contexe-là.

Dans le cas du partage d’expérience de ces articles, les athlètes ont accepté d’être cités et nommés ainsi que les sujets abordés lors des séances de coaching mental.

Pour cet article, j’ai choisi une séance faite sur la mémorisation et la concentration du grimpeur. Le sportif en escalade doit observer la voie du bas avant d’aller en isolement où il attendra son passage. De ce fait, l’étape de mémorisation est primordiale puisqu’elle permet d’anticiper les difficultés au maximum en prévoyant des stratégies.

Paul est d’abord arrivé en me parlant de son problème de mémorisation et de son caractère « trop fonceur qui va droit dans le mur ». Avec l’aide d’un questionnement précis et poussé, il a lui-même compris qu’il voulait avant tout pouvoir être plus réfléchi et plus concentré. Pour lui, la concentration est un état où il peut se donner un objectif et élaborer les stratégies pour l’atteindre sans aucun parasitage extérieur.

Voici le point technique que j’aimerais mettre en avant dans cet article, et qui pourra sans doute aider de nombreux sportifs dans différents domaines :

Savoir piloter son cerveau, prendre conscience de son expérience : les sous-modalités.

Nous fonctionnons en captant des informations par nos sens : visuel, gustatif, auditif, olfactif et kinesthésique. Ainsi, automatiquement, notre cerveau apprend de chacune de nos expériences. C’est ensuite avec notre conscience que nous mettons des mots dessus. Par exemple, comment faites-vous la différence entre un état de concentration et un état de distraction ? Et pensez-vous que ce que vous percevez est la même chose pour chaque être humain ?

Bien sûr que non ! Pour certains, le stress est comme une boule au ventre, alors que pour d’autres c’est un moteur qui les pousse. Apparemment, « l’amour donne des ailes»… Toutes ces métaphores sont des moyens de rentrer dans les fonctionnements automatiques de notre cerveau. C’est involontaire. C’est ce que nous appelons les « sous modalités » de l’expérience.

Lorsqu’on commence à modifier ces représentations mentales, alors notre cerveau modifie à son tour son expérience.

Pour revenir à Paul, de son point de vue, il était trop spontané. Son objectif était à l’opposé : être concentré. Pour décrire la concentration, sa métaphore est « une bulle transparente qui l’entoure » : « Comme elle est transparente, je peux voir les cailloux tomber s’il en tombe, ou je peux voir les prises d’après ».

D’une certaine façon, une telle métaphore est une réalité pour le cerveau, il l’élabore avec des détails, de façon précise, et agit en conséquence. Lorsqu’il a cette bulle-là, il sait qu’il peut mieux mémoriser. Lorsque tout est OK, alors, il a un flash blanc qui donne naissance à une sensation qui part de la poitrine et qui monte dans la tête puis qui stoppe les pensées…IL EST PRÊT !

Analyse du paragraphe précédent :

En dehors du caractère onirique, il se trouve qu’à ce moment-là, le sportif se connecte directement à ces fonctionnements d’encodage d’information. En gros, si vous pensez à quelque chose et que vous vous dites « là je vais droit dans le mur ». Imaginez-vous le mur dont vous parlez, rendez le tout petit et notez la différence en terme de ressenti. D’un seul coup, c’est l’expérience réelle qui est modifiée : si votre cerveau ne voit plus ce mur, vous changez votre expérience interne, votre ressenti.

Trop facile ? Et pourquoi pas !

L’hypnose permet par la suite de répéter plusieurs fois le processus afin d’intégrer ce

La concentration est un état nécessaire à la discipline.

La concentration est un état nécessaire à la discipline.

nouvel apprentissage. (cf : Article de Kevin Kinel « Corriger un mauvais geste : est-il facile de perdre une mauvaise habitude ? »).

Une fois que Paul a mis sa bulle transparente autour de lui, qu’il a répété alors son cerveau a appris un nouveau « programme », qu’il a lui-même choisi.

Nous avons lié ce travail-là à d’autres techniques évidemment. Il a appris à commander cette bulle de concentration qui lui permet une meilleure mémorisation.

Le résultat perçu en fin de séance

Il notait avant la séance une concentration efficace 5 fois sur 10. Un mois après, il la note à 9 fois sur 10. Bien que cette échelle soit purement subjective, la différence et les changements sont tout de même présents. Selon lui : « Ce sont surtout les images dont on a parlé qui reviennent lorsque je grimpe : ça améliore ma concentration et je les utilise automatiquement. J’ai noté qu’à chaque fois que j’ai pu réaliser des performances marquantes après la séance, cet automatisme avait eu lieu avant ».

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